il faut bien poursuivre, et donc quitter Cayafate et la Casa de la Bodega, avec notamment (nous vous en avons parlé) son Torrontes quasi Petite Arvine et tout ce qu'il y a d'excellent.
La route (c'est un euphémisme) promet d'être à la hauteur de ce que nos prédécesseurs (mon frère Michel et Edith, ainsi que Nicolas et Jacqueline)nous en ont raconté. Jusqu'ici, c'était déjà conton, alors, on est prêts.
Après San Carlos, charmant petit bled à la Sergio Leone (encore lui, avec l'harmonica d'Ennio Morricone derrière l'église), ça se gâte. Un moment, il nous faut faire un choix dont dépendra notre vie (ou tout au moins les pneus de notre monture): à droite, la route (c'est un grand mot!) officielle: 53 kms., 143 minutes, sic!). A gauche, la Hess Highway, 47 kms. et 107 minutes. Bon ça. c'est quand Monsieur Hess, le maître de Colomè est pressé de rentrer dans son petit paradis. Nous, on mettra un bout de plus. Mais ça vaut 100 fois la peine. Il faut mériter le bonheur, et là, c'est ce qu'on a fait.
Colomè, c'est un mirage. On croit que ça ne peut pas exister pour de vrai. Après une route pareille ("Hess made"), on croit arriver en enfer. Eh! bien, c'est tout le contraire. Un mirage, je vous dis. Regardez les images, si vous ne nous croyez pas. Une antique Bodega, créée en 1831 par un Jésuite, et sauvée de l'oubli par la famille Hess. Ces sont les vignes les plus anciennes et les plus hautes de la région. La majorité du vignoble est à 2200 m., les plus hautes sont à exactement 3015 m. (ce sont les vignes les plus près du Seigneur, on peut le dire).
S'il y a quelqu'un qui peut déplacer les montagnes, c'est probablement Don y Doña Hess. Les vignes de Colomè ont rescussité grâce à leur détermination pour donner un Estate que l'on peut qualifier de parfait mais que nous ne commenterons pas davantage pour ne pas vous mettre l'eau à la bouche ou vous donner à penser que, vraiment, nous avons plongé définitivement dans les caves de Bacchus pour ne jamais en sortir. On vous fera probablement goûter, si vous êtes bien sages.
Notre prochaine étape sera Cachi. Nous prévoyions de loger aux Molinos, confondant l'hôtel avec le bled avant Cachi qui s'appelle Molinos. Nous débarquons á Cachi, à l'Hôtel El Molino de Cachi, l'archétype de l'Hôtel de Charme, un vrai moulin en état de marche, une maison de Maître dont le propriétaire, Don Alberto Durand et sa femme, nous reçoivent comme des amis de longue date. La déco du lieu est exceptionnelle et nous passons 24 heures comme des coqs en pâte, un séjour inoubliable (encore un). On est très contents de s'être trompés et on y reviendra.
Le dernier tronçon: Cachi-Salta. C'est très différent mais tout aussi magnifique. On passe un col à 3243 m., après avoir traversé le Parc de los Cardones (les cactus chers à John Wayne et à Henri Fonda), la directa Tin-Tin, un bout droit dans le désert de 20 kms. Puis, là-haut dans les nuages, on y voit plus rien, le Valle Encantado est tout gris. Heureusement, ça se lève plus loin et les splendeurs de la Quebrada de Escolpe, la Cuesta del Oispo s'offrent à nos yeux ébahis (oui-oui).
Arrivés à Salta, c'est un peu revenir au réel: une grande ville, et notre premier feu rouge depuis 10 jours: ça fait drôle et je n'aime pas ça (les feux rouges, pas Salta en elle-même). Mais comme Sophie, nous aimons cette ville pleine de vie et de charme, avec une église San Francisco restauré en splendeur, une cathédrale et une place du 5 juillet comme dans les rêves. La civilisation avec ses bons et ses moins bons côtés. En plus, il pleut ces jours à Salta, ce que nous avions oublié dans nos contrées semi-désertiques. Jeudi matin à 7:00, nous quitterons Salta pour un long périple en "colectivo" jusqu'à San Pedro de Atacama (Chili), à travers les Salars du Nord (Salinas Grandes) et passage d'un col à 4200 m.!
On vous en dira des nouvelles.
Muchos abrazos otra vez, de
Georges y Chantal
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